Une diversification économique en attente
Par Samira Imadalou
«La politique de développement ne doit pas demeurer otage des hydrocarbures.» Cette déclaration du président de l’Assemblée populaire nationale (APN) faite hier à l’occasion de la clôture de la session d’automne du Parlement n’a rien apporté de nouveau. Les mêmes propos sont régulièrement tenus par de hauts responsables de l’Etat à diverses occasions. En effet, il ne se passe pas un évènement économique sans que l’on rappelle la nécessité de fonder une économie indépendante des hydrocarbures, en d’autres termes une économie diversifiée. Cependant, ce discours ne se concrétise pas sur le terrain. L’émergence d’un secteur productif capable de relever le défi de la mondialisation en portant haut la production nationale tarde à se faire. Et pour cause, les entraves à l’investissement persistent, notamment pour certaines filières industrielles ayant besoin d’être boostées. Face à la concurrence déloyale induite par des importations tous azimuts, la scène économique nationale a assisté ces dernières années à une chute libre de secteurs qui ont fait, dans le passé, la renommée de l’industrie algérienne. C’est le cas des industries des cuirs et textiles. Ces dernières sont en pleine «déprime», selon l’Agence nationale de développement des investissements (ANDI), qui explique cette situation par «la concurrence déloyale et les importations massives».
Rappeler l’utilité de mettre en place une économie productive ne suffit pas pour rattraper le retard enregistré ni pour sauver des filières en déperdition. Car, tout passe par la réhabilitation et la modernisation de l’outil de production. A ce sujet, qu’a-t-on fait des machines achetées au lendemain de l’indépendance pour lancer l’industrie nationale ? Rien ! Pourtant, ces machines qu’on a abandonnées aux affres de la rouille et de la corrosion, après la fermeture des usines de textiles notamment, n’ont besoin que d’un coup de lifting pour être à nouveau exploitées et contribueront ainsi à la création de richesses.
Aussi, une politique de développement sans adaptation aux mutations internationales ne peut pas apporter de résultats. Cette adaptation concerne en premier lieu les modes de gestion et de management, donc la ressource humaine. A ce sujet, on ne cessera jamais assez de rappeler que le retard est immense. Immense au sein même des entreprises mais aussi dans l’environnement des entités économiques, c’est-à-dire les banques et toute la chaîne concernée par le monde de la PME, à commencer par les services auxquels incombe la responsabilité d’étudier les projets proposés par les jeunes entrepreneurs, chez qui l’innovation ne manque pas mais qui finissent par être bloqués dans le tiroirs. Pour diversifier l’économie, ce sont toutes ces pratiques que l’on devrait éradiquer.
S. I.
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- Samedi 18 février 2012
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