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Bien que desservie par l’absence de management et de marketing

La production nationale en constante amélioration qualitative

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Photo : Riad

Par Smaïl Boughazi

Le produit «made in Algeria» reste une question centrale pour l’économie algérienne. Toutes les politiques économiques ont tenté de remettre cette production sur les rails et lui offrir une place sur les étals. Cette question cruciale demeure toujours au centre de tous les débats économiques, notamment la préparation de l’après-pétrole.
La première Foire maghrébine organisée à Alger a été une occasion pour le public et les professionnels de jeter un coup d’œil sur cette
production souvent «mal présentée ou mal vendue». Ce rendez-vous a dévoilé également quelques défaillances auxquelles il faut y remédier urgemment. Mais, qui mieux que les producteurs et les opérateurs économiques peut connaître les fragilités afférentes à la situation de la production nationale, au demeurant désolante. «Le produit national est de bonne qualité et il s’améliore constamment», affirme M. Mederres, directeur commercial de l’entreprise BCR. Ce dernier, rencontré en marge de la Foire maghrébine, nous a fait un constat de la production de BCR.
«Les produits de BCR occupent actuellement une place de choix sur le marché local», se réjouit notre interlocuteur pour qui l’entreprise BCR est leader du marché dans le créneau boulonnerie, coutellerie et robinetterie. Estimant que seule la contrefaçon préoccupe les responsables de cette entreprise, M. Mederres ne cache nullement que le produit n’a rien à envier aux marques étrangères. Interrogé à propos de la présentation du produit BCR, le responsable avoue que rien n’a été oublié pour offrir un produit de qualité aux consommateurs.
Et d’appuyer : «BCR exporte même en Tunisie, en Libye, au Maroc et en France.» Tout de même, il reste que le produit national souffre d’une concurrence parfois déloyale. Sur cette question, le responsable de cette entreprise indique sans ambages que BCR s’emploie actuellement à mettre en place toute une stratégie afin de prémunir sa production contre ce fléau. Entre autres, il a cité la coordination qui se fait actuellement avec les services des Douanes afin de former des cadres de cette institution dans la lutte contre la contrefaçon, et, par ailleurs, «former des cadres de la police –des brigades spéciales– afin de mieux lutter contre la contrefaçon qui cause un préjudice énorme à la production nationale». Même si les opérateurs économiques attestent à l’unanimité que la contrefaçon reste un des obstacles qui freinent l’évolution de la production nationale, il n’en demeure pas moins que la présentation du produit et le manque d’expérience dans le marketing mettent des bâtons dans les roues de cette production. Pour un responsable qui a voulu garder l’anonymat, ce qui manque aux producteurs nationaux, c’est «le contact avec des producteurs étrangers». Interrogé sur les opportunités relevées lors de cette foire, il nous dira que «cet événement est beaucoup plus politique et qu’économique». «Nous n’avons même pas la capacité de pénétrer les marchés du Maghreb. Les droits de douanes demeurent élevés dans certains pays», confie-t-il. Pour la production nationale, il a affirmé que «tout est possible». «Il suffit, a-t-il suggéré, d’une volonté claire pour redorer le blason d’antan de cette production.» Notre locuteur soutient par ailleurs que la protection du produit algérien passe également par «un contrôle rigoureux du marché et même une préférence pour ce produit qui s’améliore d’une manière régulière». Même son de cloche chez le représentant de la marque ENIEM. Ce dernier nous a fait savoir que le consommateur algérien devient de plus en plus conscient de cette réalité. 
«Le produit national reprend ses droits», affirme-t-il en substance, expliquant que l’amélioration est constatée dans les prix comme dans la qualité.Il est vrai que, de tout temps, la question de la qualité du produit national a été soulevée et débattue à tous les niveaux, néanmoins l’évolution vertigineuse perçue aux quatre coins de la planète en matière de marketing reste un chapitre qui a amplement son importance. L’absence d’une expérience commerciale a fait que ce produit, même de bonne qualité, n’arrive pas à concurrencer les produits étrangers. «L’ouverture du marché local, sans qu’il ait une préparation du tissu industriel national, n’a fait qu’aggraver la situation», nous confie un représentant d’une société nationale. D’ailleurs, suggère-t-il, «les pouvoirs publics devraient inclure dans les politiques économiques des mécanismes qui pourraient contribuer à protéger la production nationale». Pourquoi, à ses yeux, «on n’encourage pas le produit national en l’associant à tous les marchés publics ?»
Les entreprises activant dans l’agroalimentaire ont aussi leur part de doléances à soumettre. Elles ne lésinent sur rien pour dire qu’outre l’informel -source de tous les maux- l’amélioration de l’image du produit reste déterminante. De nombreux responsables ont soulevé, in fine, la mentalité du consommateur qui doit être au centre de toutes les actions des opérateurs économiques, notamment les campagnes de publicité. 

S. B.

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