Frappés de plein fouet par l’onde de choc de la crise financière
Les prix du pétrole embourbés dans la zone rouge
Par Smaïl Boughazi
Décidément, rien ne peut freiner la chute des prix du pétrole. Même après la décision de l’OPEP de réduire l’offre sur le marché et l’annonce de la Russie de coopérer avec l’Organisation pétrolière afin de stabiliser les prix du brut, ces derniers restent toujours sensibles aux différentes secousses de la crise économique qui gagne de plus en plus du terrain. Hier, l’OPEP a annoncé que le prix du panier OPEP, regroupant les 13 pétroles bruts de référence de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole, s’est établi mardi dernier en baisse de plus de deux dollars par rapport à son prix du lundi. Le panier OPEP a reculé de 2,53 dollars pour s’établir à 52,24 dollars le baril contre 54,77 dollars lundi dernier.
L’OPEP a rappelé au même titre que, depuis le 24 octobre, le panier OPEP est coté en dessous du seuil des 60 dollars. Le prix du baril de brent de la mer du Nord pour livraison en décembre est, également, tombé à 54,35 dollars sur l’Intercontinental Exchange de Londres, un nouveau plus bas depuis le 30 janvier 2007, estime une dépêche de l’AFP. Au même moment, le baril de «light sweet crude» pour la même échéance, coté sur le marché new-yorkais Nymex, est descendu jusqu’à 57,90 dollars, son niveau le plus faible depuis le 20 mars 2007. Il y a lieu de souligner que les cours du pétrole ont perdu plus de 60% de leur valeur depuis leurs records du 11 juillet (147,50 dollars à Londres, 147,27 à New York). Selon les analystes, la chute des marchés financiers et l’inquiétude des investisseurs pour l’économie mondiale demeurent les facteurs principaux de cette dégringolade, au moment où, sur un autre plan, les moteurs de la croissance calent les uns après les autres dans les pays industrialisés.
A quelques jours du sommet crucial du G20, Washington et Bruxelles qui ont déjà souhaité cette rencontre, samedi à Washington, ont envoyé un «signal clair» sur la libéralisation du commerce mondial dans le but de stimuler les échanges. «Les inquiétudes sur la demande globale continuent à peser sur le complexe» des hydrocarbures, notaient les économistes. Selon ces derniers, rapportent les agences, les prix «continueront d’être sous pression au cours des prochains mois, probablement pendant 6 à 8 mois. Cela va de concert avec les marchés boursiers qui seront sous pression jusqu’à ce qu’une solution à la crise du crédit soit trouvée, ou que le marché ait l’impression que la crise allait être résolue». L’onde de choc financière qu’a connue le monde ces derniers mois continue sa propagation. En Allemagne, le constructeur américain Ford a confirmé hier avoir demandé de nouvelles aides au gouvernement, comme l’avait fait Opel, filiale de General Motors. Mardi dernier, plus d’un millier de salariés espagnols du groupe automobile japonais Nissan ont manifesté, certains avec violence, à Barcelone (nord-est), pour protester contre un projet de 1 680 licenciements. En Suède, Volvo a annoncé 900 suppressions d’emplois supplémentaires qui viennent s’ajouter aux 2 850 déjà annoncées en plusieurs fois par le groupe. En ce qui concerne le marché des changes, l’euro aussi regagnait du terrain face au dollar. Après être passé sous la barre de 1,25 dollar, il grimpait à 1,2594 dollar. Les signes d’aggravation de la crise économique entraînent un retour des investisseurs vers le dollar, même si la situation aux Etats-Unis n’est guère réjouissante, rappelle-t-on.
La Banque mondiale pour sa part avait annoncé qu’elle allait presque tripler ses capacités de prêt aux pays en développement, en engageant jusqu’à 100 milliards de dollars sur trois ans pour empêcher une propagation de la crise à leurs systèmes financiers.
S. B.
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