Elle se réunira le 9 septembre à Vienne
L’OPEP à l’épreuve des marchés
Par Youcef Salami
L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) va-t-elle tailler dans ses quotas à l’occasion de sa prochaine réunion ministérielle programmée pour le 9 septembre ? Pour l’instant, les déclarations des pays OPEP sont diffuses. Seule la position du Venezuela est claire. Caracas souhaite que l’organisation maintienne inchangés ses quotas. Le Venezuela prônera le maintien du niveau actuel de production de brut auprès de l’OPEP, sans écarter une éventuelle demande de réduction si les prix poursuivent leur baisse. Il n’y a aucun problème d’approvisionnement. Il faut maintenir la production, ce qu’il ne faut pas faire, c’est de l’augmenter, a souligné jeudi dernier le ministre de l’Energie et du Pétrole, Rafael Ramirez, à l’issue d’une réunion avec la Commission de l’énergie de l’Assemblée nationale (Parlement). Toutefois, Ramirez n’a pas écarté l’idée que l’OPEP décide une réduction de production si les prix du brut sur le marché international confirmaient une chute dans les prochains jours, après une période de hausse record ayant atteint 147,27 dollars le baril en juillet. La semaine dernière, le ministre Ramirez avait annoncé que la délégation du Venezuela à l’OPEP proposerait une réduction de la production pétrolière mondiale si les prix continuaient de baisser. Si on observe une tendance ou une dynamique à la baisse des prix du pétrole, le Venezuela devrait analyser la possibilité d’une réduction de la production. «Ce sera la position que nous défendrons à la prochaine réunion de l’OPEP», avait indiqué Ramirez dans des déclarations diffusées le 19 août par son ministère. La position du Venezuela est logique dans la mesure où les prix de l’or noir ont fortement baissé ces dernières semaines. Ils ont dégringolé de vingt pour cent depuis leur sommet historique de la mi-juillet. Indépendamment de l’offre et de la demande, les marchés pétroliers ont été quelque peu perturbés, ces derniers jours, par deux facteurs : la tempête Gustav et, à un degré moindre, la crise du Caucase. Gustav a fait monter les cours qui ont atteint, le jeudi 28 août, 120 dollars le baril. La tempête qui peut se transformer en ouragan risque de tout dévaster sur son passage. Aussi, des spécialistes craignent d’importants dégâts dans le golfe du Mexique où sont concentrées d’immenses plates-formes pétrolières. Le conflit entre Russes et Géorgiens, s’il perdurait, pourrait influencer également la physionomie des marchés. Pendant les hostilités, la Fédération de Russie n’a pas perturbé l’approvisionnement en énergie vers l’Europe. Les Russes ne voulaient pas, semble-t-il, faire de l’énergie un chantage politique. William Ramsey, numéro deux de l’Agence internationale de l’énergie, dans des déclarations à l’AFP, souligne à ce sujet qu’il semble clair que la Russie n’a pas l’intention de «perturber» l’approvisionnement. Pendant toute la période des hostilités militaires entre Moscou et Tbilissi début août, les Russes ont fait «très attention à ne rien endommager» sur le passage de l’oléoduc et du gazoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan (BTC), c’est un message à l’attention des Azéris et des Turcs, indiquant qu’ils ne veulent pas s’en prendre à ces infrastructures, a-t-il ajouté. William Ramsey admet cependant que ces tensions vont certainement «refroidir» un peu les investisseurs, notamment dans le secteur énergétique. Le projet pan-européen de gazoduc Nabucco, risque ainsi d’en pâtir. C’est une infrastructure conçue pour diminuer la dépendance de l’Europe au gaz russe, et dont l’une des branches doit démarrer à la frontière turco-géorgienne. W. Ramsey juge même que le projet Nabucco «était déjà mort ou presque mort» avant le début des affrontements. Il en attribue la faute aux Européens qui, selon lui, n’ont pas fait une offre suffisamment intéressante en termes de prix au Turkménistan, prévu pour approvisionner en gaz Nabucco, par rapport aux Russes qui ont proposé un «meilleur accord» aux Turkmènes pour un projet de gazoduc concurrent. Alors que la capacité excédentaire de production de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) tourne autour de deux millions de barils par jour (mbj) à l’heure actuelle, l’AIE envisagerait «probablement» de puiser dans ses réserves si les perturbations de l’approvisionnement dépassaient cet ordre de grandeur, a-t-il concédé. A l’inverse, l’interruption de l’oléoduc BTC, d’une capacité de 1 mbj en raison d’un sabotage en Turquie «n’a pas été suffisante».
Y. S.
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- Samedi 18 février 2012
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