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Economie fondée sur la connaissance

Les orientations du CNES seront connues en novembre 2008

Par Samira Imadalou

Pour que l’économie fondée sur la connaissance (EFC) soit mise en place en Algérie, il faut que les principaux piliers de ce concept, jusque-là inappliqué, évoluent de manière concomitante. Or, ce n’est pas le cas actuellement. Et pour cause, les piliers de l’EFC, à savoir l’innovation, les nouvelles technologies de l’information (TIC), l’éducation et la gouvernance (ou le régime économique) ne progressent pas de la même manière. Des progrès sont, certes, à signaler à ce niveau, mais  pour l’innovation et l’éducation, beaucoup reste à faire. «Un système d’innovation déstructuré, incomplet et peu coordonné, un secteur éducatif qui se heurte à la massification et des problèmes de qualité et des institutions de gouvernance non orientées vers la connaissance». C’est le constat dressé par les experts lors du débat organisé hier au siège du Conseil national économique et social à l’occasion de la présentation du rapport préliminaire sur l’EFC élaboré en collaboration avec les experts de la Banque mondiale.
Après enrichissement sur la base des débats lancés, ledit rapport sera soumis au gouvernement en novembre prochain, selon le président du CNES, M. Babes, qui dira d’emblée : «L’urgence est programmée. L’après-pétrole est là», avant d’ajouter : «Nous souhaitons l’interactivité. Nous ne pouvons pas aller plus loin, si nous n’adoptons pas l’approche EFC». Et ce, pour assurer les conditions nécessaires de la mise en place de l’EFC. Pour
M. Babes, l’objectif est de déboucher sur une solution qui permettra de trouver des issues pour les politiques publiques.
Car le rapport final constitue un élément de base pour la stratégie économique nationale. Une manière de rappeler qu’il y a lieu de mobiliser les moyens nécessaires pour l’application de ce concept, désormais «à la mode», et dont le CNES ne cesse, ces derniers temps, de vulgariser. Car, de l’avis des experts ayant pris part hier au débat, l’EFC présente de nouvelles opportunités de création d’emplois et améliore la compétitivité des entreprises.
Et ce, d’autant que les atouts, de l’avis de M. Abdelkader Djelfat, professeur d’économie et expert associé à la BM, se résument en la prédisposition des pouvoirs publics à investir dans les piliers de l’EFC, c’est-à-dire l’éducation, les TIC, la gouvernance et l’innovation. Il y a aussi un immense potentiel de savoir mobilisable et une population jeune tournée vers les progrès techniques. Mais faudrait-il prendre en considération tous les aspects liés à l’EFC puisque les quatre piliers cités constituent une condition sine qua non pour adopter l’EFC comme un mode opératoire et l’inscrire dans la diversité des champs de pratique sociale. «Pas de temps à la spéculation. Il faut aller vers une pratique réelle de l’EFC», se sont accordés à dire en conclusion les experts, en appelant les pouvoirs publics à ne pas confondre sujets et outils. «C’est un problème d’institutions et de sujets et non d’outils», a noté à ce sujet le professeur Bahloul. Une manière de dire qu’il ne s’agit pas d’y mettre les moyens matériels mais de jouer sur la ressource humaine. 

S. I.

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