Conséquence de la flambée des cours du pétrole
Les billets d’avions plus chers
Par Youcef Salami
Plusieurs compagnies aériennes ont annoncé, ces derniers jours, des réductions du nombre de leurs vols. L’envolée des cours du pétrole en est la cause. Cette mesure pourrait s’étendre aux billetteries. United Airlines et American Airlines ont déjà taillé dans leurs capacités sur les vols intérieurs, aux Etats-Unis. Continental Airlines en a fait de même. L’australien Qantas va, lui, supprimer plusieurs de ses vols vers l’Asie, tandis que deux des principales compagnies aériennes chinoises, China Southern Airlines et China Eastern Airlines, vont réduire leurs vols internationaux, au moins temporairement. Toutes ces compagnies invoquent la hausse du prix du kérosène à l’appui de leur décision. Certaines dessertes, autrefois rentables, sont aujourd’hui déficitaires, notent-elles. En outre, depuis peu de temps, les coûts variables sont supérieurs aux coûts fixes pour les transporteurs aériens, explique Yan Derocles, analyste chez Oddo Securities, cité par l’AFP. La réduction des vols en question, est-ce une solution ? A priori, non. Laisser un appareil au sol n’est pas sans impact sur les résultats des compagnies aériennes. American, United et Continental ont fait un pas supplémentaire en retirant, par dizaines, des appareils anciens de leur flotte. Des avions très gourmands en carburant, que leurs concurrents étrangers ont le plus souvent déjà renouvelés par d’autres modèles plus économes. En réduisant le nombre des vols, les compagnies cherchent également à contracter l’offre et à se ménager la possibilité d’augmenter le prix des billets. Les dirigeants de Continental ont pointé dans cette direction jeudi dernier, tandis que United s’est dit persuadé de pouvoir répondre à la hausse des prix du carburant d’ici à 2009, pour peu que le reste de la profession prenne des mesures analogues. Les compagnies aériennes vont essayer de répercuter auprès du client une partie du surcoût, estime un analyste de CM-CIC Securities, repris par l’AFP. Un sentiment partagé par les investisseurs, la plupart des compagnies américaines voyant leur cours de Bourse bondir jeudi dernier après l’annonce de Continental.
Selon une note de Credit Suisse, l’industrie aérienne américaine doit augmenter de quinze à vingt-cinq pour cent ses tarifs pour atteindre la rentabilité avec un baril à 125 dollars.
Si l’un des transporteurs augmente ses prix, nous croyons que les autres suivront, ont estimé les auteurs de la note. Si le marché intérieur américain est particulièrement touché, cela pourrait s’étendre plus nettement au secteur tout entier. Selon l’évolution des cours du pétrole, le mouvement va s’accélérer ou se stabiliser, considère Derocles.
Le baril de pétrole brent pour livraison en juillet gagnait 5 cents à 127,59 dollars. Le brent s’était également
nettement apprécié la veille en engrangeant 5,44 dollars.
Y. S.
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