Présidence de l’Union européenne
Sarkozy dans de sales draps
Par Ali Boukhlef
Le volontarisme de Nicolas Sarkozy est légendaire, mais les cieux sont rarement avec lui. En prenant, depuis hier, la présidence tournante de l’Union européenne, le chef de l’Etat français savait que les choses ne sont pas aussi simples qu’on les énonce dans un discours.
Ainsi, le jour même de sa prise de fonction à la tête d’une Union européenne affaiblie par le «non» irlandais au traité de Lisbonne, le président polonais, Lech Kaczynski, connu pour être un eurosceptique, a exprimé son refus de signer le mini-traité européen, au prétexte qu’il n’est plus valable, étant donné que, si un des pays de l’Union n’est pas d’accord sur un texte aussi fondamental, il sera tout simplement mis au placard.
Et il n’y a pas que cela.
Le même jour, le ministère français des Affaires étrangères a annoncé, de manière officielle, que le chef de l’Etat libyen, Mouammar Kadhafi, ne sera pas présent, le 13 juillet, au sommet de lancement de l’union pour la Méditerranée, un des plus importants rendez-vous de cette présidence française de l’Union européenne. Rarement défaitiste et optimiste à souhait, Nicolas Sarkozy a quand même admis, lors d’une intervention télévisée lundi soir, que les choses ne se présentaient pas comme il fallait, reconnaissant même que l’Europe «inquiète». «L’Europe inquiète et, pire, je trouve que peu à peu nos concitoyens se demandent si, finalement, l’échelon national n’est pas mieux à même de les protéger que l’échelon européen. Ce n’est pas la vérité», a dit le chef de l’Etat français qui, dans son propre pays, est au bas dans les sondages d’opinion, malgré une élection record en mai 2007.
Seulement, face à ces inconvénients, la France veut marquer de son empreinte son passage à la tête de l’ensemble européen, tout en révisant ses objectifs à la baisse. Paris veut, par exemple, une politique environnementale exemplaire, avec notamment la taxation des grands pollueurs, malgré les réticences des pays de l’ancien bloc de l’Est, tous nouveaux membres de l’Union européenne.
Sur le plan migratoire, Sarkozy a beau déclaré qu’il «a un cœur», la politique des régularisations massives va probablement être stoppée, malgré l’opposition espagnole. La présidence de l’Union européenne est aussi une occasion pour le chef de l’Etat français de faire passer ses positions les plus urgentes, comme par exemple la surtaxation des profits sur les ventes d’hydrocarbures pour faire baisser les prix du carburant. Ce qui n’est pas évident, vu la réticence allemande.
L’autre sujet phare de la présidence française de l’Union européenne sera l’union pour la Méditerranée. Le projet pourra-t-il voir le jour maintenant qu’il a le quitus des 27 membres de l’Union européenne ? Rien n’est encore sûr, d’autant que les premières défections se sont manifestées. Sarkozy pourra cependant se contenter de la présence du très encombrant Bachar El Assad qu’il recevra le 12 juillet.
A. B.
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- Samedi 18 février 2012
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