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Le rendez-vous cinématographique est organisé par des associations algérienne et française

Ayyam Aflam, quand le cinéma se met au service des causes justes

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Par Wafia Sifouane

Ayyam Aflam, le rendez-vous cinématographique qui s’est ouvert mercredi dernier, a mis le 7ème art sur le devant de la scène culturelle algéroise. Depuis son lancement, la salle de cinéma Thakafa (ex-ABC) a travaillé à guichets fermés avec des affiches alléchantes. Les projections de films tels que Je veux voir de Johanna Hadji Thomas et Khalil Joreige ou Mon âge de José Césarine ont drainé nombre de cinéphiles.
Organisé par l’association culturelle algérienne Chrysalide -qui est très active dans le domaine du cinéma-, en collaboration avec l’association marseillaise Aflam, ce mini-festival a pour objectif de jeter des ponts entre les deux rives de la Méditerranée en vue d’établir des partenariats fructueux pour le 7ème art algérien. Pour donner à la collaboration toute sa dimension, Chrysalide a laissé carte blanche à l’association française, qui, depuis mercredi dernier, a présenté au public algérois une belle sélection de longs métrages dans le genre documentaire archives. Sur le plan thématique, les films projetés, qui représentent une source
documentaire riche en éclaircissements sur les colonialismes, ouvrent également des pistes de réflexion pour les  historiens et cinéastes documentalistes. Sur le plan technique, c’est aussi de véritables œuvres cinématographiques.
C’est avec le long métrage palestinien le Sel de la mer d’Annemarie Jacir que le coup d’envoi a été donné à la salle Thakafa. L’histoire du film se déroule dans le contexte actuel, dans une Palestine violentée et torturée par l’armée et les politiques israéliens, mais aussi déchirée par les guerres intestines et les affrontements fratricides. Dans ce climat de guerre perpétuelle et de violences quotidiennes, Soraya, une jeune femme de 28 ans, d’origine palestinienne et vivant dans le quartier chic de Brooklyn, à New York, aux Etats-Unis, débarque en Israël pour récupérer l’argent de son grand-père originaire de Jaffa qui décéda en 1948, léguant une petite fortune à ses descendants. Dès son entrée au pays, elle découvre la férocité de l’occupant israélien. Elle est traitée comme une terroriste par les
militaires israéliens.
A la banque de Jaffa, on déclare à Soraya que son héritage a été perdu lors du bombardement de la ville. Furieuse, la jeune Américano-Palestinienne refuse cet état de fait et exige du banquier de lui donner son dû. Elle crie à l’arnaque et elle en veut pour preuve l’existence de la banque : «Si la banque a survécu au bombardement, l’argent de mon grand-père aurait dû survivre lui aussi», lancera-t-elle au banquier qui, pourtant, n’en démordra pas et s’en tient à ses explications. En quittant la banque, avec une rage folle et une envie de se venger de cet occupant spoliateur, elle rencontrera Imad, un jeune Palestinien avec lequel elle se lie d’amitié. Imad n’a qu’une seule idée en tête : quitter cette terre et aller vers d’autres horizons. Mais il lui faut trouver les moyens de partir et de s’installer. Soraya veut, elle, récupérer son argent. Les deux amis décident d’attaquer la banque, avec l’aide d’un ami d’Imad. Soraya ne veut pas commettre un crime mais juste récupérer son argent et seulement son argent. Une fois sa revanche prise, Soraya a l’intention de retourner à Brooklyn et de replonger dans sa vie américaine, loin d’Israël et de ses crimes. Mais la vie ne vous sert pas
toujours les plats que vous avez commandés…
Le film, produit en 2008 par la maison de production française JBA, est le premier long métrage d’Annemarie Jacir, une cinéaste palestinienne engagée travaillant dans la production indépendante depuis 1994. Elle a écrit, réalisé et produit plusieurs courts métrages, dont A Post Oslo History (1998), The Satellite Shooters (2001) et Like Twenty Impossibles (2003). Elle travaille aussi en tant que chef monteuse, cadreuse et enseigne le cinéma.
Le cycle cinématographique prendra fin aujourd’hui avec la tenue d’un atelier, Cinémémoire, au sein du Centre national des recherches préhistoriques anthropologiques et historiques. 

W. S.

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