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Aka Moon, N’ Guyen Lê et Benhamou parrains du festival

DimaJazz fête sa décennie

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De notre correspondant à Constantine
Nasser Hannachi
 
Hymne pour le 10e anniversaire de Dimajazz, hymne pour le cinquantenaire de l’indépendance de l’Algérie. Une coïncidence qui va enchanter la ville du maalouf 10 jours durant. Le In et le Off du festival occuperont respectivement le théâtre de la ville et le Palais de la culture Malek Haddad pour faire swinguer Constantine. «Chaque jour représente une année pour DimaJazz. Ce n’est pas fortuit si l’on a opté pour dix jours de musique», nous confie le commissaire du festival, Bouzid Zoheir. Satisfait de l’expérience acquise par cette manifestation avec des progressions jugées honorables - vu le contexte culturel local difficile dans lequel elle s’est frayée son chemin, la ville étant acquise à la musique andalouse - notre interlocuteur estime que l’équipe organisatrice a insufflé au DimaJazz une dynamique «irréprochable». «Le festival s’est affirmé telle une vitrine culturelle non seulement pour sa ville adoptive, mais pour l’Algérie», soulignera-t-il.Pour fêter comme il se doit cette décennie d’existence, le commissariat a fait appel à des artistes qui ont soutenu et cru en ce rendez-vous annuel depuis sa conception par le défunt Azziz Djemam. Aka Moon trio, Mourad Benhamou et le célébrissime guitariste N’Guyen Lê, en guest-star, marqueront cette 10e édition. Et comme le jazz est une musique ouverte et propice aux bœufs, une synergie sera au rendez-vous lors de la soirée programmée pour les groupes Akamoon et Thôt, d’autres fidèles amis du DimaJazz.Une conversation jazzy à géométrie variable. «Ce sera une première», indiquera le commissaire. «Il y aura du manouche, et un autre style de jazz jusqu’ici inédit dans le festival avec DJ Grazzhoppa big band, sans oublier la formation Aleksandar Sanja Ilic & Balkanika ou encore Nicole Slack Jones, qui est native de la Nouvelle-Orléans, c’est-à-dire les sources du jazz», ajoutera-t-il. Quant au virtuose batteur Ivoirien Paco Sery, il présentera son propre projet en compagnie de son groupe, alors que l’édition passée il s’est produit aux côtés du Malien Tidiane Seck.Et qu’a-t-on réservé pour les puristes du Jazz ? D’autant que le nouveau concept de «métissage» de la précédente édition aura été diversement apprécié, d’où certaines critiques qui estimeront que le DimaJazz s’est quelque peu éloigné de sa 
ligne originelle. En réponse, M. Bouzid dira que «la palette choisie englobe divers styles. Il faut savoir que la conception de cette musique a évolué et grandi. Elle inclut diverses sonorités. On ne peut pas borner cette musique dans son contexte traditionnel sans explorer d’autres registres, d’autres styles. Les festivals les plus développés au monde adoptent cette conformation artistique. Toutefois, on essaye à chaque édition d’innover». «C’est la transmission surtout des cultures par le biais de la musique qui prime en ce 
21ème siècle. Ce qui confère à la manifestation son aspect ‘‘free’’ sans trop s’éloigner des contours et traits du jazz», renchérit-il.
S’agissant de la section Off du festival, qui va étrenner sa seconde édition du 16 au 20 juin, «elle bénéficiera des mêmes moyens techniques sur scène», ssurent les organisateurs. Ainsi, les troupes programmées sur la scène de spectacles de Malek Haddad (Freeklane, Algorythme, Hadjer/illusion, Cassiopé, Caméléon, Black Rock’s Garden) se produiront pour tenter de s’affirmer davantage dans ce genre de manifestation. Fidèle à sa tradition pédagogique, le DimaJazz organisera en marge des soirées «une résidence de master-class» de trois jours animée par le trio Aka Moon au conservatoire municipal de Constantine. «Ce sera une aubaine pour les initiés d’y venir enrichir leurs connaissances. Le trio exposera des éléments sur l’harmonie, la composition, l’interprétation», souligne notre interlocuteur.Abordant la question du sponsoring et du soutien des pouvoirs publics, le commissaire se félicite de l’augmentation sensible de la contribution financière du ministère et de la wilaya pour cette édition. «Je pense que madame la ministre, après avoir assisté à la 9e de Dimajazz, elle en est sortie persuadée de la qualité et de la variété, ce qui l’a quelque peu incité à soutenir cette manifestation», dira-t-il. C’est également le cas pour la wilaya qui a revu à la hausse son aide. Quant aux sponsors «la tradition ne s’est pas encore installée malgré les souplesses accordées par le ministère des Finances en matière d’impôt», se désolent les organisateurs. 
Il reste cependant à aplanir quelques écueils pour faire de cette grand-messe de jazz une réussite totale. Si l’ouverture des deux hôtels au centre-ville a réglé le problème de l’hébergement, l’absence d’une grande salle de concert continue et reste encore posée en dépit des engagements pris par les responsables. Et cette situation pose problème pour les organisateurs du festival qui sont obligés de se contenter des quelque 450 places qu’offre le théâtre et de gérer le surnombre de spectateurs. Quelques centaines de places de plus arrangeront les choses. Le DimaJazz, qui s’est indéniablement inscrit dans l’universalité et boucle dix ans d’existence, a besoin d’un espace adéquat, et la ville aussi.
N. H.
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