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Hommage à Brahim Amouchi à Constantine

Se souvenir d’un homme aux multiples facettes

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Photo : A. Lemili

De notre correspondant à Constantine
A. Lemili


«Vie et parcours musical de Brahim Amouchi» est le thème d’une rencontre du rendez-vous culturel «Espace du mardi» auquel sont conviés les Constantinois au niveau de la salle des conférences de la maison de la culture Mohamed Laïd El Khalifa.
F. Djouama, vidéaste que nous avons rencontré dimanche dernier, procèdera à cette occasion à la projection d’un reportage sur le défunt dont il nous dira : «Si Brahim Amouchi est, malheureusement, inconnu dans la ville qui l’a vu naître au mois de mars 1903 et où il est décédé en mars 1990 alors que, excusez du peu, il a été, et tout le monde sait ce que pèse le football dans le quotidien des habitants, entraîneur du CSC en 1934 et ensuite vice-président et a été ensuite derrière la création du Mouloudia de Constantine en 1929. Il est également celui qui a mis en musique Chaabou el Djazaïr mouslimoun, l’hymne écrit par cheikh Abdelhamid Benbadis, comme il a eu à diriger le groupe musical pilote lors de la première visite du défunt président Boumediene à Constantine.
Depuis, il n’a jamais plus existé de groupe du genre. D’ailleurs, je préciserai qu’à l’origine j’avais titré ce reportage “le Rassembleur”.
Bien entendu, c’était au vu de ce parcours exceptionnel.»
Parmi les initiateurs du mouvement scout, B. Amouchi a eu à rencontrer A. Bouras lors d’un rassemblement national qui s’est déroulé au cours du mois de juillet de l’année 1939 à Maison Carrée, aujourd’hui El Harrach.
A ce sujet, Djouama rappellera que «ce rassemblement lui permettra d’ailleurs de rencontrer A. Bouras, et c’est de là que sera dynamisé le mouvement scout dans la région, notamment par la création de plusieurs groupes, dont les plus connus restaient Erradja, Essabah et Kawakib pour les filles».
La première fanfare de la ville naîtra de l’alchimie mise en place à travers l’activité scoute.
En fait, le reportage qui sera présenté au public avait été réalisé en 1997, mais le vidéaste n’était d’abord pas convaincu de la qualité de celui-ci et a donc décidé, à l’époque, de le réactualiser en le projetant pour le 20ème anniversaire du décès de B. Amouchi, histoire
de s’accorder tout le temps nécessaire pour la collecte de plus d’informations, de témoignages de parents, proches, compagnons de parcours encore en vie. «J’aurais voulu projeter le film le 9 du mois courant, jour anniversaire de sa disparition, néanmoins des considérations d’ordre technique ne l’ont pas permis», dira-t-il. A ce sujet, le vidéaste avait tenu à mettre tous les atouts de son côté en recourant à des procédés techniques d’actualité.
Evoquant la collecte d’informations que l’on peut considérer comme exceptionnelle, Djouama dira avoir mis à profit, malgré son jeune âge, la proximité qu’il avait avec le défunt. «J’ai eu l’avantage de le côtoyer et de pouvoir immortaliser des séquences filmée avant que Dieu ne le rappelle», confiera le vidéaste. Vraisemblablement, côté officiel, il semble que les dirigeants locaux, aussi bien ceux du passé qu’actuels, ne connaissent même pas le personnage et cela nous est confirmé par notre interlocuteur : «Non, je ne pense pas qu’il soit connu des représentants des pouvoirs publics locaux. Seul le microcosme artistique et culturel est au fait de sa vie ainsi que quelques chercheurs universitaires, notamment parmi les sociologues ou historiens, du fait de l’empreinte qu’il a laissée dans le domaine et plus particulièrement dans une contribution à la révolution algérienne sous une forme, malheureusement, sciemment ignorée ou dévaluée, qui est celle de l’imprégnation des jeunes d’une culture de masse en ce sens. Le fait d’avoir formé des centaines de scouts consistait en celle (idée) d’ancrer l’amour du pays, de l’emblème national, lesquels, est-il besoin de le rappeler, sont les soubassements du déclenchement de la guerre de libération», affirme Djouama.
«Pour moi, un tel hommage s’imposait pour la simple raison qu’au même titre beaucoup d’autres personnalités qui ont contribué à l’image de Constantine sont, comme par préméditation, oubliés», ajoutera-t-il. Existerait-il une nouvelle vision au niveau de la direction de la culture et qui consisterait à sortir des manifestations bon chic bon genre et à la limite du gnangnan ? C’est l’impression que semble laisser M. T. Foughali, le nouveau directeur de la culture, d’autant que cet espace culturel du mardi fait feu de tout bois en diversifiant les thèmes bimensuellement proposés.
Restent toutefois les appréhensions du vidéaste qui craint qu’il «n’y ait pas foule lors de la manifestation», sachant que les Constantinois abhorrent, parfois à juste titre, ce genre d’événement au cours desquels l’encensement des médiocres le dispute à l’improvisation, voire au montage souvent préfabriqué de «stars» ou «d’illustres» inconnus qui y gagnent des galons parce
qu’officiellement consacrés. 

A. L.

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