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Naama et la sauvegarde de son patrimoine folklorique

Vue sur ses danses populaires…

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Photo : Zoheïr

Synthèse de Fella Bouredji

Les habitants des zones rurales de la wilaya de Naama se montrent plus que jamais attachés à la sauvegarde des danses populaires connues dans la région, notamment celle que l’on nomme «hidous», la plus illustrative du folklore local.
La particularité de cette danse, qu’on retrouve souvent dans les fêtes familiales, est connue  sous  l’expression «hadhrat el hidous» d’origine amazighe et qui renvoie à la signification des rondes de danses homogènes avec un accompagnement musical composé de couplets de chants populaires. Dans les régions rurales de Aïn Sefra, ce genre est présenté comme étant une danse qu’interprètent une chaîne de danseurs, en ronde ou en ligne, ouverte même aux badauds à condition que chaque candidat ait la capacité physique et artistique d’effectuer des mouvements de corps fort rythmés, et ne fausse pas l’harmonie du groupe.
Ce type de chorégraphie traditionnelle est exécuté surtout par les habitants des ksour des oasis (Tiout,
Aïn Sefra, Moghrar…) de l’Atlas saharien ouest, notamment dans les zones frontalières, à l’occasion des fêtes de mariage.
Selon un spécialiste des arts folkloriques et de la culture locale, Ali Nabti, cette danse populaire est également réputée au Maroc, du moins dans les zones proches des frontières avec l’Algérie, mais aussi dans certaines wilayas du sud d’Oran, et plus loin, en Kabylie et dans les Aurès mais avec des différences de style marquées.
Des groupes de danses folkloriques s’enorgueillissent du fait que le «hidous» soit ancré, depuis des siècles, dans cette région comme source de divertissements et de célébrations. Les représentations
attirent des centaines de passionnés admiratifs de véritables tableaux d’art, de poèmes et chants traditionnels truffés d’expressions séculaires, d’adages, de maximes et d’aphorismes.          
Un habitant de la localité frontalière de Ghallaba, cité par l’APS, explique que la danse hidous est répandue également parmi les tribus locales, telles les «Amour» et les «Hamiane» où femmes et hommes entonnent des qaçidate du langage local inspirées du terroir.  Selon ce connaisseur, une cérémonie de mariage dans n’importe quelle localité de la région ne peut se concevoir sans ces fameuses chaînes de danse hidous formées d’hommes, de femmes, de jeunes et de moins jeunes,  généralement vêtus d’habits traditionnels. Pour les hommes, la gandoura, le turban et la nécessaire ceinture ronde de couleur noire pour l’harmonie des mouvements corporels. Les femmes, elles, portent comme signes distinctifs un voile très ample de différents coloris, un foulard et une ceinture pour la finesse et la grâce du geste. 
A l’aide d’un tambour et d’un tambourin, «symboles de la rigueur et de la virilité», les chants interprétés lors du hidous expriment l’attachement du Bédouin à sa tribu, à sa terre et à son bétail.
Selon les traditions et croyances locales, ils traduisent ensuite certaines valeurs sociales et spirituelles telles que l’hospitalité qu’on doit aux enfants de retour au pays, le respect dû à tous les saints, l’honneur des parents, et renvoient également à la cavalerie, au baroud et, enfin, à l’amour de la patrie et la défense de ses idéaux.
D’une valeur culturelle et esthétique inégalable, ce patrimoine populaire se révèle être un véritable chef-d’œuvre du folklore national mais qui, hélas, a tendance à disparaître faute d’efforts suffisants pour
sa sauvegarde.  

F. B.

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