Journée nationale de l’artisanat
Salon national du costume traditionnel à Tlemcen
De notre correspondante à Tlemcen
Amira Bensabeur
Dans le cadre de la Journée nationale de l’artisanat, la ville de Tlemcen a été choisie pour abriter le Salon national du costume traditionnel.
20 wilayas participent à ce salon qui s’est ouvert dimanche dernier à la maison de la culture Abdelkader Alloula de Tlemcen. Une gamme de costumes traditionnels et divers autres produits artisanaux.
Les objets exposés sont autant d’indicateurs des spécificités des patrimoines culturels des régions d’où ils proviennent.
Selon une exposante, le costume traditionnel de Tlemcen est constitué d’une robe en soie à manches larges faites de tulle et agrémentées de perles, de paillettes et brodées de dentelles. Une autre d’Oran évoque le burnous dont la confection répond aux mêmes exigences d’esthétique : blancheur virginale avec quelques pointes dorées.
Pour sa part, une artisane kabyle expliquera que le costume de Kabylie comporte une grande richesse. C’est ainsi que la femme kabyle puise très loin ses inspirations dans ses créations vestimentaires.
L’exposante précisera en outre que, pour le costume masculin, la similitude avec le costume algérois est frappante ; turban, gilet, pantalon à large assise, burnous, babouches et chéchia. Notons que, jusqu’à une époque récente, l’artisanat dans la wilaya de Tlemcen occupait une place dominante, et essentielle dans l’économie locale et même régionale.
Les artisans étaient les gardiens et les promoteurs de traditions anciennes, de techniques éprouvées, d’une culture qu’ils enrichissaient et adaptaient au gré des évolutions de la société et des goûts de leurs clientèles. Certains de ces artisans, sur le plan économique, ont su construire les conditions qui leur ont permis de devenir des responsables de petites entreprises ayant pignon sur rue dans toute la région, de Beni Snous à Tlemcen, en passant par Nedroma et jusqu’aux limites de Ouled Mimoun.
Mais l’artisanat a connu un déclin. Dès lors, les métiers artisanaux peinaient à trouver des jeunes qualifiés pour prendre le relais des vieux artisans.
En effet, de nombreux artisans locaux affirment qu’ils trouvent de plus en plus difficilement des apprentis talentueux. Devant une telle situation qui a failli précipiter ce legs aux oubliettes, l’Etat a entrepris de réanimer ce secteur qui aujourd’hui compte près de 7 000 artisans, ce qui démontre que le secteur de l’artisanat affiche sa volonté de confirmer sa place dans la société et dans l’économie nationale.
Aujourd’hui, pour replacer l’artisanat dans sa véritable dimension, le directeur de la Chambre d’artisanat à Tlemcen, Mehdad Mustapha, a souligné qu’une nouvelle politique a été engagée dans ce sens, car nul ne peut nier qu’à Tlemcen le monde de l’artisanat était la fierté des populations et une source de revenus pour de nombreuses familles. En effet, l’ancienne capitale des Zianides abrite toujours un artisanat antique, témoin d’un passé culturel légendaire.
A. B.
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