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Victoire du parti de la nouvelle droite aux législatives

La tragi-comédie grecque continue

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Par Eric Le Boucher*

Par Zeus ! Il va falloir rouvrir encore des négociations avec les Grecs ! La nouvelle ne réjouit vraiment personne. Encore des nuits de travail, des cris, des tragédies.Sans doute, avec la «victoire» du parti de la Nouvelle Droite aux législatives, l’hypothèse d’une sortie de l’euro s’éloigne-t-elle, et avec elle tous les effets de contagion sur l’Espagne et l’Italie. Le drame du Grand toboggan de la déconstruction de l’euro est évité. Du moins, pour l‘instant.Mais, ce noir scénario remisé, celui qui se présente s’annonce rude. Encore négocier ! «Encore des concessions ! Et à la maison, encore affronter les opinions publiques, de plus en plus rétives à faire des cadeaux à ces Grecs qui trichent toujours et qui sont incapables de payer leurs impôts», comme dit Christine Lagarde…Pour les responsables 
politiques des 26 autres pays membres ou, surtout, des 16 de la zone euro, il va falloir expliquer le pénible dilemme : oui c’est cher, il faut encore prendre dans vos poches, pour donner aux Grecs ! Mais sinon, c’est encore plus cher ! Les sortir de l’euro, comme beaucoup en rêvent, à commencer par les Allemands, serait trois ou quatre fois plus cher.
 
«Alors, vous préférez Charybde ou Scylla»?
«Voilà trois ans et demi que l’Europe, à cause des Grecs à l’origine, est entrée dans ce qu’on nomme «la crise des dettes souveraines» et qui est la forme moderne de la guerre du XXIe siècle, celle entre les Etats et les marchés financiers. La crise a explosé lorsque 
le gouvernement socialiste, nouvellement élu à Athènes, a découvert les tricheries de son prédécesseur de droite, celui-là même dont le parti vient d’obtenir, le 17 juin, le meilleur score aux élections». 
 
«Cris, drame,  hurlements»
Partout, dans les autres capitales, on savait les ruses grecques avec les statistiques de déficit et de dette, on savait la fausseté de leurs chiffres. Mais l’ampleur était inconnue. «Le déficit dépassait, a dit le socialiste Papandréou, 15% du PIB, la dette allait exploser. Bref, les finances grecques étaient en faillite. Fallait aider», 
 
Crise, drame, hurlements en Allemagne!
Finalement, les Européens alignent 110 milliards d’euros. Ouf ! Communiqués de victoire. Fin de l’odyssée budgétaire. C’était, en fait, le début. Quelques mois plus tard, il faut recommencer. Cris, drames, hurlements germains et 130 nouveaux gros milliards d’euros mais, cette fois, promettait-on, la Grèce était mise sous quasi-tutelle de la Troïka (Commission, Banque centrale européenne et FMI). On allait, enfin, faire  payer leurs impôts aux Grecs! Et non! C’est que le pays a bien vu son déficit primaire (avant paiement des intérêts de la dette) se réduire de 10,6% du PIB, à 2,4% fin 2011. Effort louable, dans une conjoncture de récession: l’austérité a fait plonger le PIB, ce qui diminue les recettes et qui rend inatteignable l’objectif, imposé par les Européens, d’un retour de la dette à 120% du PIB, en 2020. La stratégie imposée était, parallèlement, de baisser les salaires (une dévaluation dite «interne»), pour retrouver sa compétitivité. Mais là non plus, ça ne marche pas: le déficit commercial se résorbe à peine: 15% du PIB en 2008, 9% en 2011.
 
Une grande colère sociale
Sans compter, bien sûr, la casse sociale, le chômage, le travail au noir qui explose, la stupeur d’une population habituée à se nourrir de subventions et d’impayés fiscaux.La colère de la rue s’exprime dansles urnes: les populistes d’extrême-gauche et d’extrême- droite s’imposent. On veut arrêter l’austérité qui ruine, mais aussi et surtout, «d’autres têtes». Puis, aux élections du dimanche 17 juin, c’est finalement le parti de droite, à l’origine des problèmes, qui repasse : voilà la comédie grecque.  Renégocions avec la Troïka! Syriza et Nouvelle droite en avaient fait leur slogan. Antonis Samaras, s’il trouve une coalition pour gouverner, va faire le chemin de Bruxelles, pour obtenir des concessions. Et il aura gain de cause, puisque les concessions sont déjà prêtes, selon des fuites bruxelloises de dimanche.L’austérité reste la ligne. Angela Merkel y tient, comme tout son pays. Le mémorandum signé par les Grecs doit être appliqué.
Mais, au-delà de cet affichage officiel dur, la réalité est de l’adoucir. De trois façons: par une franche baisse des taux d’intérêt sur les milliards prêtés, par des délais de paiement des remboursements de ces prêts, par des investissements de «relance de la croissance» 
par la Banque européenne d’investissement (BEI).
 
Les Grecs accepteront-ils ?
Tout cela fait l’objet d’un accord des partenaires. Mais, est-ce que cela suffira aux Grecs? Accepteront-ils la poursuite du mémorandum, en particulier la poursuite des mesures d’austérité et le retour, comme prévu, au déficit zéro ? Et tous ces adoucissements seront-ils efficaces, d’un point de vue économique? Est-ce que cette nouvelle austérité grecque amendée va, enfin, marcher? Est-ce assez adouci? Est-ce qu’on sort, enfin, des problèmes grecs ? Faudra-t-il un quatrième plan d’aide dans six mois ? Ne faudrait-il pas aller plus loin, dans le renoncement et, carrément, faire un trait sur les prêts des Européens ?En clair, nous n’en avons pas fini avec les Grecs. Ils restent à bord de l’euro-zone, mais leur économie est à l’arrêt, sans investissements, sans dépenses autres que minimales, les épargnants ont sorti leurs économies des banques, les touristes ne sont plus là, l’Etat n’aura plus de quoi payer les fonctionnaires, dès 
cet été.Est-ce que tout cela peut repartir dans le bon sens, uniquement par les «concessions» prévues par Bruxelles ? Est-ce que l’administration se construit assez vite»?Antonis Samaras n’a vraiment pas beaucoup d’espace pour réussir. Son  pays a besoin de l’Europe, une troisième fois. On peut avoir le sentiment qu’il y en aura d’autres.
E. L. B. 
In Slate.fr
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