Prévenir, c'est guérir
Par Ali Boukhlef
L’apparition d’une peste animale au Maroc a mis les services sanitaires et vétérinaires de la wilaya de Tlemcen, à la frontière ouest du pays, en état d’alerte. Mieux, tous les vétérinaires, travaillant dans le secteur public ou privé, que compte la région ont été mobilisés, y compris ceux en congé. Il semble ainsi que les autorités concernées ont bien appris les leçons des malheureuses expériences précédentes.
L’on se rappelle la maladie de la blue tongue qui avait exterminé des centaines de têtes d’ovins il y a quelques années. La pandémie, venue de Tunisie, n’avait pas été prise en charge à temps, ce qui a provoqué d’énormes dégâts au cheptel dans plusieurs régions du pays. Mais il n’y a pas que dans ce domaine que les autorités sanitaires n’ont pas fait leur travail. D’autres secteurs, liés à la santé humaine par exemple, ont vu leur lot de défaillances et, parfois même, de laisser-aller.
Ainsi a-t-on vu des maladies moyenâgeuses revenir dans l’Algérie des années 2003. Le choléra, la peste et d’autres épidémies qu’on a cru révolues ont tué des humains. La presse fait état, chaque saison estivale, de plusieurs foyers de maladies à transmission hydrique. Et la liste est tellement longue qu’il est difficile de répertorier tous ces fléaux qui, à force de se reproduire chaque année, prennent des allures de faits divers. Pourtant, on n’a pas besoin de sortir de Saint-Cyr pour savoir qu’un minimum de prévention suffit pour endiguer des maladies qui ne subsistent que dans des pays totalement démunis et sans ressources. Car, il est utile de le rappeler, des maladies comme la peste et le choléra ne font plus partie de la nomenclature des épidémies qui tuent. D’abord parce que des médicaments adéquats existent et, en plus, des mesures de prévention sont, à présent, connues par presque tout le monde.
S’il est vrai que, souvent, des spots ont été diffusés à la télévision et à la radio, l’efficacité de ces annonces laisse à désirer. Et si cela se produit, c’est tout simplement parce qu’on a tendance à compliquer des choses tout à fait simples. Il en est ainsi des intoxications alimentaires qui se produisent souvent en cascade. Cela ne vient pas du ciel mais du gargotier ou de l’épicier du coin. Pourtant, tout le monde sait que les restaurants et autres cafés sont souvent sales et loin de répondre aux exigences les plus élémentaires en matière d’hygiène. Tout le monde convient que le citoyen a une responsabilité dans cette situation. Mais quand les responsables concernés ne peuvent même pas réparer un égout qui se déverse sur un trottoir ou ne peuvent interdire aux jeunes chômeurs de vendre des produits alimentaires dans des endroits insalubres ou exposés au soleil, l’efficacité de l’intervention citoyenne n’est pas forcément garantie.
Seul un travail acharné des services d’hygiène et d’autres institutions de contrôle peut donc mettre fin ou éradiquer totalement des maladies d’un autre âge. Et ce qu’ont fait les services sanitaires de la wilaya de Tlemcen s’inscrit dans cette logique. Et c’est une bonne chose. Pourvu que la tradition soit maintenue et perpétuée.
A. B.
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