Les jeunes de la République
Par Lyès Ibalitène
Au-delà des différentes réalisations, aussi bien en infrastructures qu’en logistique, et des ressources humaines aux valeurs reconnues, l’université algérienne demeure visiblement bien en deçà de ses véritables potentialités
dès qu’il s’agit d’évaluer les retombées de ces acquis multiples sur le quotidien socio-économique et culturel du pays.
Autrement dit, si certains pays complètement dévastés par les guerres et autres catastrophes ont vite trouvé le raccourci vers la reconstruction en un temps record et le statut de puissances mondiales même en empruntant la voie indiquée par les universitaires et les scientifiques, l’Algérie, comme beaucoup d’autres pays, continue encore de récolter les incommodants dividendes d’une démarche qui consiste à exclure l’université des
programmes de dév loppement tout en ouvrant grands ces programmes au bricolage et aux incompétences multi-dégâts.
Or, si cette exclusion pouvait se justifier du temps de l’économie dirigée et fermée à tout esprit de réflexion et de confrontation -synonymes alors de remises en cause des fondements mêmes de cette université
algérienne et des objectifs qui lui étaient en fait assignés-, elle ne saurait aujourd’hui se justifier en aucun cas dans un monde où tout développement économique, social, culturel et politique aussi n’a pratiquement aucune chance d’aboutir s’il ne jouit pas, au préalable, d’une université de son temps, portée sur cette technologie qui semble prendre de vitesse même ceux qui la conçoivent.
Dans son discours prononcé à l’ouverture des assises nationales sur l’enseignement supérieur et la recherche scientifique, le président de la République a longtemps insisté sur cette évidence, non sans rappeler une autre
évidence : pas de développement économique sans développement et épanouissement de l’université, et pas de développement du tout sans adaptation de la formation et des programmes de recherche universitaire aux besoins socio-économiques. D’où cette réforme en marche de l’université algérienne.
Mais à quoi donc serait vouée toute entreprise de réforme de l’université algérienne si la stratégie qui l’escorte continue à se heurter aux différents problèmes qui déstabilisent cet espace hautement sensible et assez facilement perméable ? L’université algérienne peut-elle réellement s’épanouir et relever le défi tout en continuant à encaisser les contrecoups de cette instabilité chronique depuis déjà plusieurs années et qui la détourne aussi bien de sa mission que de sa vocation ? Absolument pas.
Et c’est dans cette logique implacable que s’inscrit peut-être aussi la présence de Abdelaziz Bouteflika à l’événement du palais des Nations où il n’aura pas manqué de souligner que la réforme dont il est question s’articule, entre autres paramètres, tout aussi importants les uns que les autres, de «conforter la vocation culturelle de l’université à travers la promotion des valeurs universelles de tolérance, de respect de l’autre, de rejet de l’extrémisme et de la violence ainsi que par la propagation de la culture du dialogue et de l’ouverture d’esprit». Une précision assez révélatrice, une nouvelle fois, de tout l’intérêt voué par le chef de l’Etat à cette frange importante de la société que sont les étudiants et, à travers eux, toute cette jeunesse prise dans l’infernal tourbillon du désespoir jusqu’à tomber dans le piège du sauvetage par l’autodestruction.
Les initiatives envers les jeunes ne cessent de prendre forme et se multiplier au rythme d’aspirations de plus en plus grandes et tout autant légitimes, même si, dans certains cas, les objectifs sont difficiles à atteindre sur un terrain miné par les «faux réfractaires».
Des initiatives à valeur de dialogue qui se construit entre le Président et les jeunes de la République.
L. I.
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