Ouyahia clarifie les choses
Par Abdelkrim Ghezali
Dans un point de presse, Ouyahia a abordé certaines questions internationales politiques et économiques liées à l’Algérie. En premier lieu, il a tenu à mettre un terme aux appels du pied que certains hommes d’affaires faisaient en direction d’Alger pour qu’il revoit les dispositions de la loi de finances complémentaire 2009 et de la loi de finances 2010 afin qu’ils puissent exporter vers l’Algérie ce qu’ils veulent et engranger des dividendes importants sans contrepartie. Même le FMI, dont le rôle est tout autre, a pris le parti de ces hommes d’affaires en demandant à l’Algérie de lever ce qu’il considère comme des restrictions dans les échanges commerciaux. A ce propos, Ouyahia a rappelé le principe régissant les échanges commerciaux internationaux basés sur l’équilibre et l’intérêt mutuel. Les injonctions du FMI n’ont plus de raison d’être aujourd’hui. L’Algérie a honoré ses dettes extérieures et ouvert son économie aux investisseurs étrangers, mais peu ont investi pour créer des richesses et des emplois. La majorité des étrangers considéraient l’Algérie comme un marché pour leurs produits qu’ils écoulaient sans investir un sou. Le partenariat signifie un partage de bénéfices dans toute entreprise commune. L’Algérie a besoin de savoir-faire, de technologie, de création d’emplois et de richesses. Que les IDE qui répondent à cette attente viennent. Autrement, il est du droit de l’Etat algérien de préserver ses ressources financières, son économie et les entreprises nationales privées et publiques qui créent des emplois et des richesses. L’autre question qui a retenu l’attention est celle relative à l’atteinte à l’emblème national par le parti fasciste de Le Pen qui a associé l’Algérie à l’islamisme et, par ricochet, au terrorisme. A ce propos, les gesticulations et provocations de Le Pen ne sont pas nouvelles et n’étonnent plus. Face à sa déroute politique, le FN veut redorer son blason auprès des milieux racistes en France sur le dos de l’Algérie. Cependant, ce qui a ouvert la voie à ce parti, c’est essentiellement les propos de Kouchner sur la génération qui a fait la guerre d’indépendance et qu’il considère comme l’unique obstacle à une normalisation des relations algéro-françaises. Cette thèse pour le moins naïve explique en filigrane l’entêtement de la France officielle à reconnaître ses crimes de guerre et son passé colonial honteux. Enfin, abordant la question de la corruption, Ouyahia a tenu à clarifier les choses pour ceux qui cherchent les poux dans la tête d’un chauve. Ces derniers voient dans cette action de salubrité publique une lutte de clan au sommet de l’Etat. Autrement dit, un règlement de compte entre différents groupes politiques dont on n’arrive même pas à distinguer les contours et les objectifs. Le Premier ministre a déclaré qu’il s’agit là d’une opération qui s’inscrit dans la durée, suggérant qu’elle a un but stratégique dans la mesure où la corruption au sein de l’administration publique et des entreprises étatiques porte atteinte à la crédibilité de l’Etat et à ses actions.
A. G.
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- Samedi 18 février 2012
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