La loi du talion… pourquoi pas ?
Par A. Lemili
Voilà enfin des propos rassurants dans la bouche d’un ministre qui vient marquer on ne peut mieux les esprits et surtout rassurer les Algériens sur les suites qui auraient dû être signifiées, voire prises par l’Algérie consécutivement à la décision des Etats-Unis et
de la France de classer notre pays parmi ceux à risque.
Lequel ministre n’est tout d’abord pas n’importe qui puisqu’il s’agit de Yazid Zerhouni et pour qui sait que l’homme le plus proche du président de la République est connu pour ne pas parler pour seulement meubler des silences, il n’en devient dès lors que plus clair qu’au-delà de la réaction très protocolaire de Medelci, les responsables algériens et à un plus haut niveau, disons-le trivialement, n’ont pas l’intention de se laisser marcher sur les pieds. Il n’est pas exclu que l’Algérie applique aux citoyens américains le même traitement que celui réservé à nos compatriotes par les Etats-Unis.
Ce n’est qu’à leur honneur et à celui de leurs concitoyens d’autant plus que ladite mesure semble participer plus que l’arbitraire à une attitude discriminatoire qui ne se justifie pas, même si la menace terroriste que seuls les faucons du Pentagone agitent au gré de leur illumination à chaque fois qu’un apprenti terroriste qui passe à travers des dispositifs réputés inviolables vient exciter la dissipation de leurs services de sécurité intérieure, d’espionnage et de contre-espionnage.
La controverse dans la décision américaine s’exacerbe plus nettement dès lors qu’est évoquée l’invitation faite par Mme Hillary Clinton au ministre algérien des Affaires étrangères en décembre dernier, une rencontre qui vient prendre par un parfait contre-pied l’inclusion de notre pays sur la liste rouge américaine en ce sens qu’au cours du tête-à-tête des deux personnalités politiques mais également au vu des nombreux contacts qu’a eus Medelci à Washington avec des responsables parmi les plus influents dans l’entourage d’Obama ainsi qu’avec des membres du Sénat et le Congrès, rien ne pouvait indiquer un tel retournement de situation d’autant plus que, selon la feuille de route de notre ministre des Affaires étrangères, tous les sujets allaient être mis sur la table. Aussi bien ceux qui renforcent les liens d’amitié que ceux qui fâchent, à l’exemple de la situation au Proche-Orient ou encore du terrorisme, si tant est que des dossiers qui ont besoin d’être traités avec sagesse, pondération et équité puissent être motifs à contrariété. Les Etats-Unis, est-il besoin de le rappeler, se situent parmi les cinq premiers fournisseurs de notre pays et, inversement, sont ses premiers clients. Donc autant de raisons qui n’expliquent pas un si soudain désamour. Il y a quelques jours, les Américains ont laissé entrevoir l’éventualité de reconsidérer leur attitude et cela ne pourrait qu’être tout bénéfice pour les deux parties, sachant que les relations algéro-américaines ne datent pas d’aujourd’hui. Quant à la France, elle n’a en réalité fait que calquer son attitude sur celle de la plus grande puissance mondiale. Histoire sans doute d’infantile mimétisme.
A. L.
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- Samedi 18 février 2012
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