Sous-sol profondément généreux
Par Lyès Ibalitène
La semaine dernière, Chakib Khelil évoquait la situation du sous-sol algérien pour souligner que celui-ci restait sous-exploité. A travers cette révélation qui n’a rien d’un scoop, Chakib Khelil faisait référence particulièrement au secteur des hydrocarbures où les travaux de recherche et de prospection seraient nettement en deçà des 1,5 km2 de bassins sédimentaires dont jouit le pays. 30% de ces bassins n’auraient pas encore reçu la visite des équipes de recherche, selon le même responsable, ce qui met l’Algérie plutôt en position de sous-développement dans ce domaine. Alors qu’en termes de prospections, le secteur se contente de 9 puits pour chaque 10 000 km2, c’est-à-dire très très loin de la moyenne mondiale qui est de 100 puits pour la même superficie. Or, ce qui est vrai pour le gaz et le pétrole l’est visiblement pour le secteur des mines qu’on oublie souvent de désigner par son appellation à chaque bilan des recettes hors hydrocarbures. Quand bien même ces recettes seraient réduites, voire insignifiantes, elles restent en grande partie dépendantes de ce même sous-sol et de ses différentes matières qui y hibernent, allant du cuivre ou du zinc au sel ou au diamant en passant par l’or, le fer, le plomb, l’étain, le wolfram et les métaux rares.
L’Algérie est également une terre au sous-sol regorgeant de phosphate jusqu’à pouvoir la hisser au rang des puissance mondiales sur ce registre, pour peu que l’évolution de la production se poursuive au rythme que mérite cette matière capable de rapporter au pays plus de 8 milliers de dollars par an, selon les estimations des experts. Depuis quelques années, néanmoins, le secteur minier en Algérie semble s’affranchir progressivement des profondeurs incommodantes et laisse miroiter en surface quelques-unes de ses potentialités qui ne manquent de se faire apprécier à travers les appels d’offres et l’intérêt que suscitent ces appels auprès des entreprises étrangères et nationales.
Entreprises privées. La précision vaut grandement sa raison d’être mentionnée, car si, aujourd’hui, le secteur des mines en Algérie est en train d’être mis sur l’orbite d’un déploiement qui ne manque pas d’exhumer les richesses du sous-sol national de l’indifférence, c’est sans doute par la grâce et la bénédiction de la nouvelle loi en la matière qui, depuis 2001, donne droit aux opérateurs privés d’y investir et de s’y investir.
Aujourd’hui, les résultas sont là pour être appréciés à la valeur des chiffres rendus publics régulièrement par l’Agence nationale du patrimoine minier à chaque compte rendu sur les opérations d’adjudication des titres miniers. Le dernier bilan de l’ANPM ne manque pas de détails, sur fond de satisfaction somme toute légitime lorsqu’on évalue le chemin parcouru en quelques petites années par rapport aux longues et lentes années d’une gestion qui avait étouffé un potentiel entier de richesse dans un sous-sol devenu forcément ténébreux par son isolement loin de tout investissement qui viendrait d’un privé, algérien ou étranger. Et c’est incontestablement sur la lancée de l’intérêt portée au sous-sol algérien que 119 souscriptions ont été comptabilisées hier
par l’ANPM au profit de 59 sites. Un sous-sol profondément généreux.
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