Du sang neuf
Par Abdou B.
Les pays africains se préoccupent avec juste raison de la situation peu reluisante de leur agriculture, du faible taux d’intégration des TIC sur le continent, des progrès technologiques, des paiements par chèque et d’une manière générale des flux d’une économie mondialisée et de savoirs transmis en temps réels. L’Algérie n’échappe pas à bon nombre de retards et dysfonctionnements propres à l’Afrique. Les bidonvilles ne sont toujours pas soumis à une stratégie planifiée d’éradication, l’urbanisation sauvage a peu de chances d’être jugulée et la facture alimentaire à la hausse n’est pas près d’être réduite. Bien entendu, les régimes politiques africains, au vu de leurs grandes disparités démocratiques et institutionnelles, sont loin d’être en mesure d’adopter une stratégie commune, des institutions, une monnaie et un front communs qui leur permettraient de peser dans la direction du monde, en assurant le développement, la santé, la paix et toutes les libertés pour les peuples du continent.
A Syrte, l’Algérie a énoncé des idées, des objectifs et une évolution possible du Nepad et ses mécanismes inter-africains et face aux institutions et groupements communautaires et internationaux. Si, depuis les indépendances politiques, la place et le rôle de l’Algérie dans les problématiques africaines ont été régulièrement reconnus et salués, il n’en demeure pas moins, comme la réalité le démontre, que les problèmes, les retards et les perspectives algériens sont de la seule responsabilité des dirigeants, des élites et des citoyens du pays. Plus que jamais, au moment où les plus grandes économies traversent de graves turbulences, le «compter sur soi» demeure une règle cardinale, indépassable. Si demain l’Algérie s’engage dans un énorme défi que représente le Panaf, forcément limité dans le temps et l’espace, il y a des sujets qui remplissent l’actualité nationale, qui nécessitent une mise au net et une «offensive» généralisée au profit de la croissance, du développement, de l’environnement, de la culture et du bien-être des Algériens.
Le cadre de vie, selon de nombreux responsables et experts, se dégrade inexorablement, malgré l’existence de lois et règlements allégrement détournés ou violés selon le rang social des contrevenants et leurs protecteurs. Le fameux dialogue social et les salutaires négociations et débats à même de pacifier les relations de travail et la vie en commun en restent au stade virtuel. Une fontaine publique d’un âge certain à Aïn Taya est en voie d’être détruite pour du béton. Des enseignants écrivent au premier magistrat devant les menaces qui pèsent sur l’Ecole polytechnique ; des étudiantes sont sommées de quitter leur chambre pour cause d’un Panaf pourtant programmé depuis longtemps ; la omra et le hadj risquent de ramener de nombreux cas de femmes et d’hommes
touchés par le virus A-H1N1 au milieu d’hésitations dangereuses ; la presse et la magistrature n’arrivent pas à délimiter le territoire de chacun de ces pouvoirs, etc. On ne peut s’avancer à croire que des forces cherchent à vider de toute pertinence le programme, les promesses et les messages de M. Bouteflika, mais chacun est en droit de se poser et de poser des questions sur «le surplace» enregistré çà et là.
Le terrorisme n’en finit pas d’être minoré, mais son bilan mensuel a atteint le seuil de l’insupportable. Un seuil qui semble en voie d’être banalisé en l’absence de puissantes réponses aux plans culturel, des libertés individuelles, des discours trop souvent complaisants envers des organisations politiques ou autres qui font dans l’archaïsme, la régression, etc. La période estivale et le Ramadhan seront peut-être propices pour qu’à la rentrée de vraies réponses soient données et que d’autres pratiques et mécanismes soient mis en branle. L’été porte conseil et les vacances permettent de recharger les accus et d’apporter du sang neuf en mesure d’irriguer plus et mieux l’Algérie.
A. B.
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- Samedi 18 février 2012
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